Divagation #1 (“Triple Z”).
mai 5th, 2011 § Laisser un commentaire
Je n’aime pas Eric Zemmour. Ce n’est pas tellement une question d’inclination politique, et je ne renie pas sa liberté à exprimer des conneries s’il le souhaite, mais sa capacité à parler à tort et à travers sans limite ne manque jamais de m’exaspérer. Il y a quelques années, c’en était au point que chacune de ses interventions provoquaient chez moi une réaction quasi-épidermique de rejet – et puis j’ai fini par comprendre que c’était son job après tout, qu’il était justement payé pour son grand potentiel à faire bondir son interlocuteur de sa chaise.
Bien plus tard, je me suis en fait rendu compte qu’en général, ce ne sont pas tant ses positions, souvent conservatrices à en frôler la caricature, mais sa manière d’interagir dans le débat qui m’horripile, abrupte, quasi-moralisatrice. Le voir essayer de remettre à sa place Tariq Ramadan, universitaire reconnu, comme s’il était un simple collégien incapable d’avoir une opinion rationnelle, tout en semblant persuadé de détenir la vérité suprême, est assez difficile à entendre, par exemple (mes excuses par avance pour la mauvaise qualité de la vidéo).
Pour information, la première question de Zemmour dans l’extrait concernait l’acception ou non du port du voile islamique en France – et sur ce point je ne rejoins ni l’un ni l’autre dans leurs réponses. A mon humble avis, les 10 minutes de débat qui suivent sont intéressantes pas tant pour leur contenu mais pour le contraste entre le comportement de Zemmour et celui de Ramadan. Du reste le plus dogmatique des deux est indéniablement le premier, étonnant d’agressivité dans son opinion sur la laïcité, et s’accrochant à une vision incroyablement ethnocentrique et plutôt passéiste de la société française.
Mais ce n’est pas ce que je reproche le plus à Zemmour : car le pire chez lui reste sans doute en vérité son penchant à un certain conformisme culturel borné, voire une sorte de “xénophobie culturelle”, qui l’amène à vouloir modeler l’opinion des autres, leur manière d’être et leur façon de faire des choses. On retrouve ainsi cette tendance quand on le met face à MC Solaar (qui, voyez plutôt, a l’air de se demander ce qu’il fait là) :
“Je n’aime pas le rap”, “Vous êtes l’héritier d’une certaine chanson française” : on sent que Zemmour se raccroche à ce qu’il connaît et en l’occurrence, à son opinion de l’orthodoxie musicale. La fin de la vidéo est presque surréaliste, les chroniqueurs (je crois bien que je n’apprécie pas Ruquier non plus, au passage. Décidément…) en venant quasiment à demander à Solaar de changer de métier. Le raisonnement est à peu près le suivant : “vous écrivez bien, mais quel dommage que ce soit au service d’une musique de merde ! Vous ne voudriez pas chanter un peu plus comme Patrick Bruel ?“
Soit, mon vieux Eric, mais ne fais pas ce genre de requête uniquement quand tu es en position de force face à un invité. N’hésite pas à imposer à Lady Gaga une reconversion dans la musique country, le monde t’en serait reconnaissant.
Vous me direz bien que les vidéos ci-dessus datent un peu – c’est vrai – et par extension que l’on n’entend plus trop parler de Zemmour ces derniers temps. Alors pourquoi s’intéresser au bonhomme maintenant ? Pour une broutille, vraiment (on en vient au titre de l’article, notez bien). Il se trouve que notre homme a publié cette année un énième ouvrage, modestement intitulé Z comme Zemmour (titre également de sa chronique régulière sur RTL, le livre étant une sorte de compilation). Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous sa première de couverture :

- “Psst, tu veux voir ma **** ?” (Désolé)
Nul doute qu’un tel titre, accompagnée d’une telle photographie, soit une référence pop au fameux pourfendeur de mécréants Don Diego de la Vega. Seulement c’est plus fort que moi, une couverture pareille me rappelle plus ça…

…que ça :

Je sais, je sais. Je suis un peu con.
(Club de) Jubilation.
mai 4th, 2011 § Laisser un commentaire
Tout fout le camp. Avec Glee, je croyais avoir matière à un démolissage dans les règles de l’art ; je m’attendais vraiment à honnir cette série. Pourquoi ? Pour un paquet de raisons subjectives dont les principales, outre le simple fait que phonétiquement Glee sonne assez mal à mon oreille française, seraient :
- Je suis à la base assez sceptique vis à vis du concept : Glee, c’est une énième histoire de dépassement de soi, grâce à la toute puissance de l’esprit d’équipe et de la Passssion (majuscule et triple s nécessaires) pour la musique. Il suffit de remplacer d’ailleurs “musique” par autre chose, comme “sport” ou même “Warcraft III” si ça vous chante, et vous avez là un schéma de scénario applicable à déjà plusieurs milliers de films, livres, jeux ou séries. Je ne déconne pas : même Olive et Tom fonctionne sur les mêmes ficelles narratives.
- Les mecs, ENCORE une série qui se déroule dans un lycée américain lambda ? Vous êtes sérieux ?
- Tous les extraits que j’avais pu en voir jusqu’à présent, toutes les photos promotionnelles fleurent bon l’esthétique Disney+Smarties à la High School Musical, et je pressentais quelque chose de mortellement niais et chiant, complètement déconnecté de la réalité.

"Alors voilà Junior, on voudrait que tu nous fasses un pistolet avec tes doigts et que tu le pointes vers le ciel. Non, promis, tu n'auras pas l'air ridicule"

"Désolé mon vieux, Timberlake ne veut pas de toi comme doublure dans son prochain film. Mais si ça t'intéresse, il doit me rester une histoire de chorale de lycée dans le placard. Tu sais chanter ?"

"Arrête de chanter, looser : les vrais hommes font du paintball"
En tout cas cela pousse Schuester à laisser tomber l’aventure et à s’orienter effectivement vers un job de comptable, histoire de… nul ne le sait : préparer l’arrivée du bébé 8 mois plus tard ? Disposer de suffisamment d’argent pour contenter le légendaire appétit des femmes enceintes pour les fraises ? Mais le glee club continue à vivre tant bien que mal grâce aux efforts de la latino dont c’est quasiment la raison d’être, et surtout grâce au retour de Finn qui, après quelques jours d’hésitation, se découvre soudain une âme de leader et un attrait irrépressible pour les grandes déclarations.
Evidemment, devant tant d’efforts et le beau résultat produit par ses élèves, tout en se rappelant de ses années de lycée, Schuester décide finalement de rester à la barre…
What a surprise.
Fille Commère (ou la désillusion de Pierre-Quentin).
septembre 3rd, 2010 § 1 Commentaire
“Marie-Gertrude Pfimlin et 53 autres amis aiment Gossip Girl“.
Cette fois, pour Pierre-Quentin Flanchon, c’en est trop. Cela fait des semaines qu’il entend parler de cette série, des semaines qu’il entend des bribes de conversation en rapport (“Ooooh Chuuuck Baaass !”), des semaines que ce genre de messages peuplent son fil d’actu Facebook. Au début, le virus touchait principalement ses contacts féminins, alors il se disait “Bah, encore un truc de filles” (Pierre-Quentin est un sage) ; mais désormais même certains parmi les plus virils/barbus/alcooliques (rayer la mention inutile) de ses amis semblent apprécier la chose. Alors c’est décidé : il va céder à la curiosité, pensant naïvement qu’une série ne peut pas être mauvaise quand elle est appréciée de plus de 5 millions de personnes (hélas je ne plaisante pas) sur le plus grand réseau social du monde…
Il aurait dû se douter que quelque chose clochait, Pierre-Quentin : deux semaines plus tôt il avait déjà, intrigué, regardé la bande-annonce initiale de la série, et ça ne lui avait pas paru fameux. Et puis voyez plutôt le synopsis officiel, en provenance du célèbre site d’art et d’essai Allociné :
“La vie de la jeunesse dorée des élèves de deux écoles privées new-yorkaises, vue à travers les yeux ironiques d’une mystérieuse “bloggeuse”, Gossip Girl. Entre amour et amitié, chacun tente de tirer son épingle du jeu, mais rien n’est jamais simple derrière des apparences paradisiaques…“
Franchement, là, ça aurait dû lui mettre la puce à l’oreille, au bon Pierre-Quentin. Cela, et le fait que c’est l’adaptation d’une série de chefs-d’oeuvre de chick-lit américaine (de surcroit “destinée aux adolescentes” d’après Wikipédia, mais ce site est connu pour ses avis purement subjectifs). Sans compter que comme dans toute série américaine qui vaille le coup, le marketing aime étaler tout le casting dans ses photos de groupe où chacun tente de prendre la pose la moins naturelle possible (il doit y avoir un concours). Je n’invente rien :

Non, ceci n'est pas une pub pour une agence de mannequins. Et oui, le ciel est mauve.
Malgré tout, par miracle (et sans doute une cécité partielle et/ou temporaire) Pierre-Quentin parvient à passer outre tous ces indices flagrants. Et puis comme dirait Gérard, son père, il ne faut pas se fier aux apparences (vous l’aurez remarqué, Gérard aussi est un sage, c’est de famille), même quand celles-ci te disent “Bon les acteurs sont drôlement beaux, mais ça sent la sombre daube tout de même” (le genre de première impression qui vaut pour la quasi-intégralité des séries américaines impliquant des lycéens). Et Pierre-Quentin, donc, se décide à regarder un épisode.
Funeste erreur ! Voyons, en détail, à quoi le pauvre bougre va assister.
Au commencement était la voix off. Celle-ci, on nous l’explique tout de suite, est celle de Gossip Girl, la fameuse blogueuse qui n’a rien d’autre à faire de ses journées que de raconter la vie des autres (elle aurait été un excellent agent de la Stasi). Et justement, elle vient d’apprendre par une de ses sources (parce que oui, elle a une multitude de sources diverses et variées) que la grande, belle, riche, blonde, et anciennement “reine des soirées” Serena van der Woodsen (un authentique nom de baronne néerlandaise du XIXème siècle, mais c’est peu étonnant quand on sait que l’auteure des bouquins originaux s’appelle – ou se fait appeler – Cecily von Ziegesaar) vient d’arriver en gare de New York après une longue absence dont nul ne connaît la raison (même Gossip Girl, alors qu’elle a des yeux partout, à la gare, au McDo, chez Starbucks, à la mosquée du coin et aux Alcooliques Anonymes). Le spectateur apprendra plus tard qu’elle est partie en pensionnat (ce qui chez elle sonne un peu comme “au couvent”). Soit.
Au même moment (le monde est petit quand même), un type qui a l’air à vue de nez d’avoir 22 ans et sa petite copine… Attendez non, on me dit qu’il s’agit de Daniel Humphrey et sa petite soeur, Jenny. Ah. Et qu’ils sont lycéens. Quoi, même le mec ? Ah. Comme vous voudrez.
Reprenons : nos deux larrons débarquent eux aussi à la gare, et là, que voit Daniel ? Serena bien sûr. On ne se doute paaas du touut à la première seconde que ces deux-là vont finir ensemble, non, pourquoi dites-vous cela ? Mais pour le moment, ce n’est pas gagné – parce que Daniel, il est non seulement timide et un poil loser (comme tout bon héros de série adolescente), mais en plus il est pauvre (par rapport aux critères locaux) et donc n’ose pas aborder la demoiselle, qu’il imagine guindée et méprisante (encore un sage. Décidément…).
Ah oui, mais il est pauvre comment ? On ne sait pas. Mais son père est Artiste, il tient une galerie d’art et un groupe de rock, donc c’est forcément un dangereux crypto-gauchiste sans le sou ; et la mère n’est pas là, pour cause de divorce récent.
Pendant ce temps-là se déroule, ailleurs dans Manhattan, un gala (officiellement une soirée, mais en plein jour. Et pourquoi ? pour qui ? Mystère). Un jeune homme (22 ans à tout casser, encore une fois) en costard discute avec son homme d’affaire de père, quand soudain arrive une bombasse brune, qui met fin à la conversation en l’invitant à venir “quelque part”. Cela veut évidemment dire, tu l’auras deviné ami lecteur, “dans une chambre pour copuler follement”, car la bombasse en question, nommée Blair (ce qui le fait plus que Thatcher quand même, c’est bien fait) a trouvé que c’était le moment idéal pour cela. Et qu’accessoirement le jeune homme a de fortes chances d’être son petit copain (mais on ne sait jamais, hein).
Cependant, comme nous ne sommes pas dans un téléfilm érotique de RTL9 mais dans une série pour ados innocents, ça le foutait mal de mettre une scène de sexe au tout début du premier épisode – alors le jeune homme (portant le doux nom de Nathaniel Archibald, mais comme apparemment personne ne sait le prononcer correctement, tout le monde l’appelle Nate) profite d’une excuse toute bidon (“Serena est arrivée ! Tu ne veux pas aller la voir ?”) pour échapper de justesse à une forcément désagréable partie de jambes en l’air. Oui, je sais, il est très con. Sa copine l’a fait visiblement poireauter depuis des millénaires (d’autant que l’on apprend plus tard qu’il sort avec depuis l’époque où ils portaient encore des couches Dior) et quand elle décide enfin de se jeter à l’eau, lui préfère se défiler. Non, vraiment, c’est bien joué.
Mais effectivement (“les nouvelles vont vite”, merci Gossip Girl, que serait le monde sans toi), Serena est arrivée ! Elle va trouver sa mère (qui paraît avoir 15 ans de plus qu’elle grand maximum – donc soit elle a été élevée dans une famille ultra-conservatrice, ce qui est fort probable, soit elle a déjà eu recours à la chirurgie esthétique, ce qui l’est encore plus). Sur ce, Nate débarque et jette un regard idiot à Serena (ou alors il reste seulement bloqué sur place parce qu’elle porte une marinière et qu’il n’arrive pas à croire qu’elle aie cédé à cette mode déplorable, c’est une autre théorie), mais Blair s’interpose avant qu’il aie le temps de vraiment ressembler à une vache devant un train. Nate a quand même une copine en or, avouez.
Quant à Serena, elle quitte le gala, déçue de ne pas avoir pu soutenir son regard bovin plus longtemps. Gossip Girl en profite pour rajouter, au cas vous n’auriez pas compris, qu’elle y est restée une minute trente – oui, elle et ses sources s’ennuient tellement qu’en plus de raconter la vie des autres, elles la chronomètrent aussi.
Il convient ici de faire une pause dans ce génial scénario pour vous parler d’un détail fantastique : comme dans toute série américaine qui se respecte, tous les acteurs sont beaux. Absolument tous. Serena est belle, Blair est belle, Nate est beau (malgré sa coupe de cheveux entre le jeune UMP et Edward de Twilight), Daniel est beau (mais pauvre et rasé, quelle idée), sa soeur est belle aussi, et ainsi de suite. Ce qui est encore plus fort, c’est que même tout le casting secondaire est beau : les mères diverses et variées se conservent un peu trop bien pour être honnêtes, le père Humphrey est un beau gosse mal rasé (qui est la mauvaise langue du fond qui a dit “comme toute bonne caricature de rockeur sur le retour ayant dépassé la trentaine” ?), les hommes d’affaires sont beaux (et non pas juste “riches et atteints de calvitie”), les portiers sont beaux, les figurants sont beaux, même les chauffeurs de taxi doivent être beaux (et blancs, hein, pas Indiens ou Pakistanais : ici tout ce qui n’a pas l’air parfaitement WASP sert juste à faire joli et n’ouvre absolument jamais la bouche).
Qu’ont-ils donc fait des moches, où les cachent-ils ? Cette série cache-t-elle un plus lourd secret que je ne le pensais ? Y pratique-t-on l’eugénisme à grande échelle ? Toujours est-il qu’une série comme Skins (en tout cas dans ses premières saisons) est plus crédible de ce côté-là. Ah oui, mais c’est une série britannique.
Cela soulève en tout cas une hypothèse plus que plausible quant à l’identité de Gossip Girl : il s’agit en réalité d’un homme, il s’appelle Gunther Grossman (et comme tout le monde a le QI d’une poêle dans cette série, personne n’a jamais fait le rapprochement au niveau des initiales), et surtout, il est moche. Être moche parmi des troupeaux de mannequins, c’est dur : il a donc décidé, puisqu’il n’a pas de vie (car les beaux ne l’invitent jamais, il est bien trop moche), de ragoter sur celle des autres. Mieux, il a décidé de liguer tous les moches avec lui et d’en faire ses indics (ce qui explique pourquoi on ne les voit jamais : la caméra les fuit, ils sont trop moches) : ainsi il peut raconter la vie des autres à tout heure du jour et de la nuit. Et comme il est un peu geek sur les bords aussi (ce qui explique évidemment pourquoi il est moche), il est parvenu à designer son site tout seul et à camoufler son adresse IP pour faire en sorte que le personnel informatique de tous ces beaux riches ne parvienne pas à découvrir son identité. Il est peut-être laid comme un troll, mais il est quand même très fort, hein (au point que même les scénaristes ne savent pas que c’est lui : voilà pourquoi la voix off est féminine).
Allez, c’est reparti. Après avoir pu constater que le blog de Gossip Girl est rose bonbon (une preuve de goût), Pierre-Quentin a droit au superbe générique de la série, tout en paillettes et en glamour et contenant, crème de la crème, un bon gros XOXO des familles. La nuit est tombée sur cette belle ville de New York, et nous voilà déjà le matin. Serena se réveille dans une chambre d’hôpital (dans lequel elle s’est rendue la veille, tard le soir : à la phrase logique de l’hôtesse d’accueil – “Les horaires de visite sont terminés” – elle a répondu “Je suis de la famille” et c’est bien connu, c’est un passeport pour qu’on vous laisse tranquille, et mieux, pour que vous puissiez dormir peinard dans une chambre avec un patient), au côté de son frère. Au bout de quelques secondes (les mères sont comme ça : elles savent quand leur progéniture va se réveiller) sa mère entre, dit à sa fille qu’elle a des idées de merde, et celle-ci, vexée, entame une discussion houleuse grâce à laquelle on apprend que la dite mère “est contente de la revoir mais bon, voilà quoi, ça fait des mois que tu ne donnes plus de nouvelles, t’abuses”.
Récapitulons : Serena est mineure (même si elle fait bien ses 20 ans), elle a décidé du jour au lendemain de partir au couvent en pensionnat, et encore plus fort ses parents ne savaient pas ce qu’elle était devenue (et s’en calaient pas mal apparemment). Donc ils payaient le pensionnat sans qu’elle donne aucune raison, lui versaient de l’argent sur ses multiples cartes bleues sans jamais lui demander quoi que ce soit, etc. “Oui mais bon, ils sont riches” me direz-vous. C’est vrai que ça explique tout.
Au même moment, c’est petit déjeuner chez les Humphrey. On apprend que la jeune Jenny a été invitée (comment ? Elle est arrivée la veille au soir, vraisemblablement un dimanche, et ne connaît à priori personne – scénariste, étais-tu fatigué ?) à la prochaine mégateuf des riches, ce qui signe son entrée dans le club des gens dans le coup. Son frère, pauvre comme il est, s’étonne car il n’a jamais été invité à ce genre de soirées ; mais Jenny lui explique que c’est parce que “une des filles de sa classe a craqué sur son écriture” (ah oui ? Et quand donc quelqu’un a-t-il eu l’occasion de la voir, cette écriture ?), et lui a proposé une place à condition qu’elle confectionne elle-même les invitations.
Suivons de nouveau Serena, qui se décide enfin à rentrer chez elle pour de bon : ce faisant elle croise Nate, qui, vous l’aurez compris, est secrètement transi d’amour pour elle (même si là, en l’occurrence, elle porte toujours la même marinière que la veille, et comme elle a dormi dedans, elle commence à avoir besoin d’une douche d’un jacuzzi). C’est emmerdant : non seulement parce ce n’est pas terriblement réciproque, mais aussi parce qu’il sort avec sa meilleure amie Blair (qui elle l’aime pour de vrai). Ho, un triangle amoureux, ça c’est original.
Ailleurs encore, un jeune homme ébouriffé au regard dur, que pour des raisons de compréhension nous nommerons “Chuck Bass” (ça tombe bien, c’est son nom), est assis à l’arrière d’un antique bus, à côté de son vieux pote Nate (tiens donc). Déployant des trésors d’intelligence, il s’exclame à peu de choses près : “Hé mec, Serena elle était hyper canon hier au gala” (notez que c’est un message subtil pour dire “je vais la draguer comme un porc, et pas plus tard que dans cet épisode”). Enfin, passons. Le bus (oui, le bus, ce sont presque tous de riches héritiers mais ils vont au lycée en bus) finit par s’arrêter et nos deux winners en descendent, non sans bousculer Daniel en passant (Chuck s’écriant alors “Vazy, kess tu m’cherches, espèce de pauvre à la veste de révolutionnaire argentin ? Tu me suis ?”).
Nous voici désormais devant le lycée (une bâtisse à l’architecture discrète, délicate, toute en pierre blanche, balustrades dorées et colonnes grecques). Blair (qui organise la mégateuf à venir, tout comme sa famille organisait le gala de la veille, quelle coïncidence) est satisfaite des invitations de Jenny, celle-ci peut donc venir. Malheureusement il fallait s’y attendre, sa meilleure copine Serena déboule et déclare : “Ah ouais tu fais une soirée ? C’est où ?” Notez bien que malgré son immense célébrité, elle n’avait aucune idée de l’existence de cette soirée, alors que le moindre pauvresse, telle Jenny, est invitée. Hum hum.
Blair lui répond alors, c’était prévisible : “Tu n’es pas invitée”. Vu qu’elle est censée être sa meilleure amie, c’est sûrement parce qu’elle veut ménager sa santé : elle n’est pas prête à se bourrer la gueule après tant de temps passé au couvent au pensionnat, où elle buvait du jus d’orange et se couchait sans doute à 21h tous les soirs (le maton était impitoyable). Ou alors Blair serait vraiment méchante (vérifiant les fameuses équations blonde = gentille / brune = méchante) ? Wow. Serena lui ment alors (“j’ai une soirée pyjama, c’est pas grave”) mais ne lâche pas l’affaire (“vazy Bestah, faut qu’on parle. Ce soir, 20h, à ma case, t’as intérêt à être là”).

Les seules "minorités visibles" de la série. Par contre on ne les entend pas beaucoup.
Après une jolie ellipse narrative (parce que le lycée, les cours, tout ça, c’est un peu chiant, il faut le dire – vous ne verrez jamais un élève bosser dans cette série, promis), c’est de nouveau le soir. Et c’est shopping time ! Car Jenny ne sait pas quoi se mettre pour la soirée à venir : comme elle le dit si bien, c’est une “urgence vestimentaire” et elle appelle donc son frère à la rescousse (car il a le goût sûr et raffiné, surtout en matière de robes). Retenez qu’elle ne compte pas acheter de robe : non, elle compte juste les essayer, pour ensuite en coudre une elle-même (et grâce à son oeil laser et son talent sans limites, elle parvient en deux jours à reproduire l’exacte réplique d’une robe à 500 euros. J’ai sacrément sous-estimé les pouvoirs de la couture). Etant donné que New York, c’est tout petit, que Jenny essaie des robes dans un magasin sans bornes antivol et sans vendeurs, le tout quasiment en devanture de boutique (qui se trouve dans un escalier, oui, je sais), vous n’avez aucune raison d’être étonné si je vous dis le nom de la personne que croise Jenny à ce moment précis : oui, bravo ami lecteur, il s’agit de Serena ! Quelle coïncidence ! Jenny s’apprête donc à faire les présentations mais Daniel, qui a vraisemblablement peur des filles (tant pis pour lui) part se cacher dans le magasin. Qu’importe : l’important, c’est que Jenny (dans un élan de pitié) a aussi écrit une invitation pour Serena (“au cas où tu voudrais t’incruster. Mais fais pas ta balance hein !”). Celle-ci lui envoie donc un magnifique sourire de gentille, puis repart, en remontant l’escalier (alors qu’elle le descendait cinq minutes plus tôt. Vous ne comprenez pas ? Moi non plus.).
Nate et Chuck (un beau nom viril, ça, un nom qui sent la sueur, la baston, le Texas – et les blagues), eux, sont en pleine discussion philosophique. Nate, qui réfléchit trop pour un personnage de Gossip Girl, part dans un délire sur le destin, mais heureusement Chuck (qui est une bête en philo) le remet en place : tout ce qui compte mec, c’est le sexe et l’argent, pas le bonheur. Super morale, mon jeune ami, tu iras loin comme ça.
Un peu plus tard, dans le bar de l’hôtel où loge Serena, celle-ci et Blair tentent à grand peine de se réconcilier autour d’un cocktail. Elle finissent par se faire un gros calin, et se disent l’une l’autre qu’elle s’adorent (mais Blair ne la réinvite pas à sa soirée, hein, faut pas déconner) : c’est miiiignoooon. Cependant Gossip Girl a tout vu ! Et en apercevant Serena finir son cocktail d’un trait comme une vraie alcoolique, elle en conclut que la belle blonde cache un lourd secret. Les pouvoirs de déduction de Gossip Girl m’impressionnent.
Quelques minutes plus tard, Chuck se pointe (parce que l’hôtel appartient à sa famille, voyez-vous), en costume s’il-vous-plait (moi aussi après les cours j’enfile mon costard, c’est une habitude comme les autres après tout), et commence une tentative de drague à base de “Hum, tu m’as l’air affamée. Que dirais-tu de manger un croque-monsieur ?”. Le pire, c’est que ça marche : loin de se méfier (alors que toute personne normalement constituée le ferait après une phrase pareille, et qu’en plus elle considère ouvertement Chuck comme un connard – ce qu’il est), Serena le suit en cuisine où elle a la chance de déguster un délicieux croque-monsieur (à la truffe, parce que le jambon c’est pour les ringards et les pauvres). Entendant ses soupirs de délectation, Chuck se dit que son plan de drague foireux a fonctionné et tente alors de l’embrasser (ce mec est trop fort). Vous vous en doutez, elle n’est pas trop d’accord.
Mais pendant que Chuck se prend pour un lover-né (c’est facile avec le physique qu’il a, certes), à l’autre bout de la ville, Nate est pris de stupeur en découvrant Blair en nuisette sexy chez lui, dans une atmosphère bougies/rituel satanique. Pensez-vous qu’il va enfin prendre son courage à deux mains et faire ce qu’on attend de lui ? Que nenni ! Préférant la Vérité (avec une majuscule) à une nuit d’amour endiablée, il explique à sa douce qu’il a déjà eu son compte avec Serena juste avant son départ pour le couvent le pensionnat. Rah, le coquinou. Je sens que ça va mal tourner, pas vous ?
Sans compter que si Gossip Girl (qui a des yeux partout je vous le rappelle) n’a rien vu des ébats qu’avoue notre homme, Chuck, lui, était aux premières loges. C’est pourquoi il tente d’embrasser la blonde : il s’était dit “chic, encore une fille facile” et espérait sans doute la faire chanter afin qu’elle devienne son esclave sexuelle (et là, le montage, super subtil, superpose les images du quasi-viol de Chuck avec celles de la sauterie enflammée de Nate et Serena. Naaan, c’est pas du tout glauque, pourquoi dites-vous ça ?).
Raté : Serena, non contente d’être belle et célèbre, est aussi ceinture noire de karaté. Elle repousse donc Chuck, presque sans effort (alors qu’il est taillé comme un joueur de football américain) et s’enfuit avec colère. C’est alors qu’elle entre en collision avec Daniel (quelle coïncidence, celui-ci avait décidé de venir la draguer à cet endroit précis !) et éparpille le contenu de son sac sur le sol (un grand classique). Elle le ramasse donc, avec l’aide du pauvre bougre, qui n’aura guère pu arriver à ses fins ce soir-là. Mais tout n’est pas perdu : la donzelle a perdu son téléphone dans l’impact (pitié, plus de clichés de ce genre, j’agonise) !
Il décide donc de lire tous ses messages pour voir s’il y a du croustillant lui rendre l’objet (en espérant obtenir toute sa gratitude, et plus si affinités bien entendu). C’est pourquoi il est là le lendemain matin, frais et pimpant, dans le hall de l’hôtel, tâchant d’expliquer (pas facile quand on est timide, pauvre et bégayant) à un réceptionniste mou du bulbe comment il est entré en possession du portable, et d’où il connaît Mlle van der Woodsen. Heureusement (tant de coïncidences, c’est fou) cette dernière choisit ce moment exact pour descendre, et met ainsi fin à son calvaire (elle se souvient de lui ! Il peut mourir comblé). Mieux que ça, il aide Serena à se sortir elle-même d’un problème délicat (sa mère veut lui refourguer une robe pour aller à la soirée de Blair, mais devant la laideur du vêtement elle répond avoir déjà prévu une autre soirée – avec Daniel Humphrey ici présent) et gagne un rencard dans l’affaire ! Quel beau gosse.
Tôt le matin, c’est aussi l’heure du jogging traditionnel des Archibald père et fils. Le père, qui sait tout des faits et gestes de son bambin, demande des nouvelles de sa relation avec Blair (bouh, qu’il est curieux !). Nate lui explique que ça ne va pas fort, ce à quoi son géniteur répond en substance : “putain mais t’es trop con ! Elle est super bonne, elle t’aime, et en plus j’ai besoin des thunes de sa daronne pour signer un contrat ! Alors sois mignon coco, va t’excuser”. S’imprégnant de la sagesse paternelle, Nate comprend effectivement qu’il ferait bien d’arrondir les angles un tant soit peu (il a mis le temps).
On le retrouve dans un restaurant à sushis (manger japonais, c’est in) en compagnie de la Blair en question – et il s’excuse platement, ajoutant même qu’il n’approchera plus de Serena, qui ne lui “causera même plus, à cette biatch”. La brune fait la moue une demi-seconde, puis elle semble accepter ses excuses (elle est en réalité simplement fort contente de voir que son plan machiavélique visant à pourrir la vie de Serena se met à exécution). Tant d’indulgence et de compassion pour sa tête à claques de copain : j’ai failli verser une larme.
(Et pendant ce temps on apprend que la mère de Serena connaît le père de Daniel : de là à en déduire qu’il y a des histoires de liens de parenté louches dans le coin, il n’y a qu’un pas que je suis fort tenté de franchir. Car oui, comme dans toute bonne série pour adolescents, les parents se connaissent tous entre eux et ils ont eu de fâcheuses tendances à la relation extra-conjuguale par le passé).
Vous ne cracherez pas sur une autre ellipse narrative : donc la voici. C’est le grand jour, ou plutôt le grand soir : pour Jenny, il est temps de se préparer pour la mégateuf de Blair, et Daniel doit quant à lui aller chercher Serena pour qu’ils se rendent ensemble au concert de son père (du coup il essaie du mieux qu’il peut de se déguiser en riche). Dans un autre registre, Blair en est encore à choisir la robe de créateur qu’elle va mettre, et sa mère (qui est styliste et dessine des robes, c’est bien pratique tiens) déboule en lui conseillant de changer de robe (“parce que non, tu vois, celle-là elle ne te va pas du tout, tu as l’air d’un boudin dedans”) et de “mettre de la crème sur ses pointes, (car) elles sont sèches” (cette ligne de dialogue est véridique et, je crois, assez représentative).
La soirée peut finalement commencer. Blair et consorts s’y rendent en limousine (ah, enfin un truc crédible dans cette série), Jenny se fait conduire par son rockeur de père (non sans avoir subi une séquence “wouah ma fille regarde-toi ! Ils vont tous tomber comme des mouches !”), et Daniel se ruine en taxi (mais c’est pour la bonne cause).

"Lol, t'as vu sa gueule ? La honte, elle a de l'acné !"
La mégateuf s’avère très décevante pour le spectateur moyen : elle ne comporte ni mousse, ni jeux à boire, non, c’est juste une soirée champagne-petits fours (mais il fallait s’y attendre) noyée dans une lumière bleutée et de l’électro un peu cheap. Le genre de soirée dans laquelle l’objectif principal est de ne pas laisser voir qu’on se fait chier comme un rat mort. Quoique Chuck a trouvé la parade : il drague les minettes de seconde, sachant d’expérience que c’est facile et plutôt efficace. Son choix se porte bien évidemment, parmi les centaines de demoiselles qu’il peut dénicher dans la salle (ah, ces fichues coïncidences…), sur Jenny (celle-ci a quand même bien assuré sur sa robe, respect, hein) même s’il est un peu déçu que Gossip Girl (qui est décidément un peu le guide Michelin local) n’aie rien à dire sur elle.
Il entre donc en mode prédateur, et se sert des techniques de drague moisies de Men’s Health et GQ, ses magazines favoris, pour emballer l’ingénue. Et bien entendu, ça fonctionne (il va falloir que je renouvelle mon abonnement)…
Daniel, lui, est aux anges : ça marche du tonnerre de Zeus avec Serena, elle a même sorti la robe à paillettes dorées rien que pour lui, rit à tous ses traits d’humour, et mieux encore, elle apprécie le concert de son père (vous savez, l’hérétique socialiste mal rasé) ! C’est incroyable. Malheureusement, alors qu’ils sortent de la salle (seuls, parce que le concert était sans doute tout nul et qu’ils en étaient le seul public – ou alors parce que le budget “figurants” était ric-rac), notre homme reçoit un message de sa soeur (en fait, deux d’un coup : Jenny tape les SMS super vite, je ne vois que ça, car non seulement elle parvient à les envoyer au nez et à la barbe de Chuck – vous me direz, “elle a pu le faire aux toilettes”, mais alors pourquoi n’y est-elle pas restée, puisqu’un gros pervers l’attendait à l’extérieur ?). Elle a besoin d’aide, car Chuck tente ostensiblement de l’embrasser sans son consentement (ça ne vous rappelle rien ?).
Daniel se dit “et merde, je vais encore devoir jouer au superhéros” mais à sa grande surprise Serena se propose de l’accompagner (elle sait de quoi Chuck est capable, incroyable) : ils se rendent donc tous deux à la mégateuf de Blair (car ils avaient noté l’adresse au cas où, cela va de soi).
Grâce à une nouvelle ellipse narrative bien placée, le spectateur a l’impression que nos deux larrons arrivent à la vitesse de l’éclair – et là, vous aurez deviné que :
- Blair n’est pas vraiment enchantée de voir sa meilleure amie/pire ennemie (raye la mention inutile, ami lecteur) squatter sa belle soirée privée (même que vu le nombre de fêtards, Jenny a visiblement dû trimer une nuit entière pour faire toutes les invitations).
- Nate est ébloui par l’apparition de la blonde de ses rêves (il fait donc un de ces regards bovins dont il a le secret, avant de se ressaisir et de partir bouder dans le froid).
- Daniel et Serena ne trouvent pas Jenny et Chuck dans la salle ! Mais où peuvent-ils bien être ?
Sur le toit bien sûr ! Et là notre playboy favori, fidèle à ses habitudes (deux fois dans le même épisode, il faut le faire, mon jeune ami), est en train d’essayer de violer la petite soeur de Daniel (oh ben ça, on ne l’avait pas vu venir, tiens). Voyant cela, celui-ci voit évidemment rouge, et Chuck récolte un authentique poing dans la face. Jenny est donc sauvée, la morale avec, mais Chuck n’a pas dit son dernier mot (en fait si, c’est “salope”, envers Serena) : comme avec tout bad boy qui se respecte, sa vengeance sera terrible.
Mais en l’état c’est un happy end : Jenny est saine et sauve (et en plus Chuck a eu la délicatesse de ne pas déchirer sa robe custom), Daniel a gagné un second rencard, et Gossip Girl peut enfin débrancher sa perfusion de caféine et dormir quelques heures (parce que quand même, il y a cours, parfois).
END.
Plus personne n’a jamais entendu parler de Pierre-Quentin. Certains disent qu’après avoir subi les quarante minutes de ce seul épisode, il aurait coupé internet chez lui et serait parti vivre dans une grotte en Afghanistan. Le petit veinard : lui ne sait pas qu’Hillary Duff (cette grande actrice) compte participer à la série, et n’a pas pu voir les photos de la saison 4 à venir, qui se passe partiellement à Paris (il a donc échappé aux photos du casting dans des poses super naturelles, mais cette fois dans un Paris silencieux, chic, avec des cafés aux serveurs beaux et élégants, et ni bouchons, ni pollution, ni pigeons, ni SDFs, ni Germaine la concierge).
Ah, quelle chouette série.
Ceci n’est pas un premier post (d’ailleurs ceci n’est pas un blog).
septembre 2nd, 2010 § 1 Commentaire
Nan, je déconne. Mais si j’étais très hypocrite et que je me faisais passer pour un artiste, je vous dirais le contraire. Je ne serais pas le premier. Posez les pieds dans n’importe quel musée d’art moderne et vous verrez, on vous fait le coup à chaque fois : “ceci n’est pas un urinoir que j’ai juste signé avant de l’envoyer tel quel”, “ceci n’est pas un vélo rouillé à moitié peint en rose”, “ceci n’est pas une chaise”, “ceci n’est pas un étron en polystyrène”, etc.

René Magritte n'avait donc aucun scrupule.
Heureusement pour toi, ami lecteur, je ne suis pas artiste. Je n’écris pas d’explications de trente pages pour accompagner les oeuvres que je ne peins pas. Je tiens juste un blog.
Et ceci était un premier post. Bienvenue sur Daskuma.